18 mars 2026 à 14:35
Charles Teyaud
Marché de l’immobilier Français en 2025, quels sont les évolutions des prix et des volumes de transaction

Introduction
Après plusieurs années de ralentissement consécutives à la période post-Covid, le marché immobilier français semble amorcer, en 2025, les prémices d’une sortie de crise. La fin des taux d’intérêt historiquement bas, proches de 1 %, avait mis un terme brutal à l’euphorie transactionnelle observée jusqu’en 2022. S’en est suivie une contraction marquée de l’activité, particulièrement visible à Paris, où le volume des transactions a reculé d’environ 10 % entre 2023 et 2024, entraînant une baisse équivalente des prix sur la même période.
Toutefois, à la fin de l’année 2025, cette phase de correction paraît s’essouffler. Les indicateurs récents témoignent d’un léger redressement de l’activité transactionnelle, tant au niveau national que dans certaines grandes métropoles.
Un rebond mesuré des volumes de transactions
Entre 2024 et 2025, le nombre de transactions immobilières en France progresse de 11 %, atteignant environ 921 000 ventes. Cette reprise demeure plus modérée en Île-de-France, mais elle n’en est pas moins significative : Paris enregistre une hausse de l’ordre de 8 %, tandis que la Grande Couronne Parisienne affiche une augmentation proche de 13 %, pour un total estimé à 121 790 transactions.
Sur le marché des logements anciens en Île-de-France, après une phase de stabilisation observée au quatrième trimestre 2024, les ventes connaissent un véritable rebond au premier trimestre 2025. Elles progressent de 21 %, soit près de 5 000 transactions supplémentaires par rapport à la même période de l’année précédente. La dynamique est légèrement plus favorable aux maisons individuelles (+25 %, avec 8 130 ventes) qu’aux appartements (+20 %, pour 21 060 ventes).
Malgré cette amélioration conjoncturelle, les volumes restent inférieurs de 10 % à ceux du premier trimestre 2023, confirmant que le marché n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant-crise. Les biens les plus recherchés demeurent les appartements de type T3 ainsi que les maisons individuelles de quatre et cinq pièces. À l’échelle nationale, le délai moyen de réalisation d’une transaction se maintient autour de 90 jours.
Des prix globalement stabilisés, avec de fortes disparités locales
L’évolution des prix confirme également cette phase de stabilisation. Selon les données du Conseil supérieur du notariat, l’indice des prix de l’immobilier ancien progresse de 0,8 % au niveau national en 2025. Cette moyenne masque cependant d’importantes disparités régionales.
Pour les appartements anciens, les prix augmentent de1,3% en région francilienne, 1,8% à Paris et 0,8 % à Nice, tandis qu’ils reculent de 2,1 % à Lyon et de 3,7 % à Bordeaux. Concernant les maisons individuelles, la tendance est plus contrastée encore : baisse de 3,4 % à Paris, hausse de 1,9 % à Nice, repli de 5,4 % à Lyon et diminution de 2,2 % à Bordeaux.
Ces évolutions traduisent un marché à plusieurs vitesses, où l’attractivité territoriale, la tension foncière et la solvabilité des ménages jouent un rôle déterminant.
Le rôle clé du crédit dans la reprise
La légère reprise observée en 2025 s’explique en grande partie par l’amélioration progressive des conditions de financement. Depuis 2024, les établissements bancaires ont assoupli, avec prudence, leurs critères d’octroi de crédit. Parallèlement, les taux d’intérêt ont amorcé un repli notable : après un pic à 4,17 % en janvier 2024, le taux moyen des crédits immobiliers s’établit autour de 3,20 % en mars 2025.
Cette évolution est déterminante, dans la mesure où près de huit transactions immobilières sur dix sont financées par un emprunt bancaire. Elle contribue directement au redémarrage partiel de l’activité, sans pour autant provoquer un véritable choc de relance.
Une reprise encore fragile et inégale
Les données du deuxième trimestre 2025 confirment le caractère modéré de cette embellie. En Île-de-France, les ventes de logements anciens ne progressent que de 3 %. Sur douze mois glissants, le marché demeure sous le seuil des 120 000 transactions, témoignant d’un ralentissement durable de l’activité immobilière francilienne.
Un marché du neuf toujours en grande difficulté
À l’inverse du marché de l’ancien, l’immobilier neuf traverse une crise profonde et persistante. En 2025, les ventes de logements neufs reculent de 35 %, tandis que les transactions de terrains à bâtir chutent de 36 %. Les mises en chantier et les autorisations de construire atteignent des niveaux historiquement bas.
Cette situation s’explique notamment par la suppression progressive des dispositifs de soutien à l’investissement locatif, tels que le dispositif Pinel, ainsi que par les difficultés croissantes d’obtention des permis de construire. Le durcissement réglementaire et les contraintes locales pèsent lourdement sur la capacité de production de logements neufs.
Un contexte politique peu favorable à court terme
Enfin, plusieurs facteurs exogènes freinent la reprise du marché immobilier. L’instabilité politique, marquée par des changements fréquents de gouvernement, ainsi que les retards dans la validation du budget 2025, entretiennent un climat d’incertitude peu propice aux décisions d’investissement. Néanmoins, la résolution de ces blocages institutionnels pourrait ouvrir la voie à des perspectives plus favorables à l’horizon 2026.
En définitive, l’année 2025 s’inscrit comme une période de transition pour le marché immobilier français : la phase de correction semble achevée, mais la reprise demeure fragile, hétérogène et largement dépendante des conditions macroéconomiques et politiques à venir.